Compte-rendu du séminaire « De l’enseignement à distance à l’outil pour la classe, réfléchir les usages pédagogiques actuels du numérique »

La journée d’échanges et de réflexion sur les usages pédagogiques actuels du numérique organisée, ce 1er juin 2017, par le CAPE et SAPIENS a été introduite par le Président de l’USPC, François Houllier. Sciences participatives, savoirs, compétences techniques et relationnelles ont été évoqués pour démontrer que, si le numérique modifie, perturbe, accélère notre environnement, il aide aussi à partager les données, les expériences, les pratiques et donc à créer.

À partir des différents dispositifs présentés par les intervenants, Christophe Batier, Eric Bruillard et Luc Massou, les échanges ont porté sur la pertinence des usages pédagogiques du numérique.

Le numérique, une innovation pédagogique?

Contrairement à l’intuition d’une majorité d’enseignants, quand on peut identifier l’environnement d’apprentissage personnel des étudiants de la génération Y, on s’aperçoit de la nécessité de les amener à des compétences spécialisées, au-delà de la navigation sur le web ou des réseaux sociaux.

En outre, si le numérique facilite l’accès au savoir, il est essentiel de rendre les étudiants critiques vis-à-vis de la pertinence des informations.

Ces éléments pris en compte, on constate que l’utilisation de smartphones, ordinateurs et tablettes peut permettre de capter à nouveau l’attention des étudiants, voire de les ramener en classe, de même que des cours filmés ou des podcasts youtu.be/bmBdem6FzCE  @NicolasRoland dont on a démontré qu’ils pouvaient paradoxalement inciter les étudiants à être présents et qu’ils induisaient  aussi des stratégies nouvelles par rapport à la prise de notes.

Toutefois, pour évaluer l’apport du numérique, il y a lieu de distinguer marketing et usage pédagogique. Effectivement le recours au numérique ne garantit pas une amélioration de la qualité de l’enseignement. Le meilleur exemple est l’emballement de certains pour le Tableau Blanc Interactif alors que celui-ci confine bien souvent l’enseignement dans le transmissif.

Enseignement à distance et formation initiale

Aujourd’hui, vu la dimension des groupes, l’enseignement à distance, dont on reconnaît la souplesse dans la gestion du temps, privé ou professionnel, et dans l’organisation du travail individuel et en groupes, présente des avantages certains.

Néanmoins, les points de vigilance sont nombreux :

  • Difficultés organisationnelles
  • Risques d’« ubérisation » par les structures privées plus réactives
  • Inégalités des apprenants face au numérique et à la capacité d’autonomie
  • Surcharge de travail pour l’enseignant
  • Manque de formation des enseignants à créer des ressources multimédia

Les travaux de Pierre Dillenbourg de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) ont été évoqués pour illustrer le potentiel des technologies éducatives.

Bref, sachant que les étudiants ont besoin d’appartenir à une communauté apprenante et d’apprendre dans un cadre organisé mais aussi qu’ils sont attachés à la parole enseignante, il est souhaitable, en formation initiale, de ménager des moments synchrones.

Les échanges en présentiel étaient enrichis sur twitter #numeriquecape17.

L’après-midi, trois ateliers ont été menés :

La « e-présence » en quoi est-elle un enjeu majeur dans l’enseignement à distance ?

Intervenants : Luc Dehevels, Boriana Silhol, Christophe Batier

Le bénéfice de ce type de dispositif est de créer du lien entre étudiants, entre apprenants et accompagnants de l’apprentissage et avec des partenaires éventuels.

Le numérique pour préparer/amplifier le présentiel, une utopie ?

Antoine Taly a fait vivre aux participants une séance de la classe inversée qu’il organise en sollicitant les questions des apprenants pour casser le système où l’enseignant détient toutes les réponses et développer des compétences d’autoformation.

Quant à Luc Massou, il a balayé plusieurs travaux sur la classe inversée, la transformation des pratiques ou encore l’éditorialisation (voir sa présentation) qui analysent l’incidence du numérique sur l’enseignement et l’apprentissage.

Le présentiel peut- il être enrichi via les outils numériques ?

Anne Boring et Christine Rampon ont fait éprouver aux participants les avantages et inconvénients d’outils de sondage interactif. Certes, le recours à 2reply,  Gosoapbox ou aux boîtiers de vote, pour ne citer que ceux-là, contraint à revoir la scénarisation du cours, est chronophage et expose l’enseignant à des difficultés techniques. Cependant, les avantages sont d’importance : par leur aspect ludique, ces dispositifs aident à maintenir l’attention et la motivation et constituent par là un soutien à la réussite. Par ailleurs, ils permettent aux étudiants de s’autoévaluer et à l’enseignant d’identifier les réelles difficultés des apprenants pour adapter son enseignement.

En conclusion, cette journée a mis en lumière l’intérêt, pour tout enseignant soucieux d’améliorer son enseignement, de mettre en question ses pratiques pédagogiques dans une approche réflexive, que l’on recoure au numérique ou non.

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